Stéphan Gladieu

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Otjinene,Namibia- (January 2017) :Herero women from the local community on january 2017 in Otjinene, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
Otjinene,Namibia- (January 2017) :Herero women from the local community on january 2017 in Otjinene, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Otjinene,Namibia- (January 2017) : Magdalena Ohomiza et Luder Kanga at Otjinene fuel station on january 2017 in Otjinene, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Namibia.2023. Otjiteke. Ismael Laurence Tjipetekera at a funeral ceremony.
Namibia.2023. Otjiteke. Ismael Laurence Tjipetekera at a funeral ceremony.
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
Otjinene,Namibia- (January 2017) : Herero from the local community at the supermarket on january 2017 in Otjinene, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
Otjinene,Namibia- (January 2017) : Herero from the local community at the supermarket on january 2017 in Otjinene, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Okakarara,Namibia- (January 2017) : Willy (Wilhem) Kaeka, he is wearing a simple costume trouper, on january 2017 in Okakarara, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
Okakarara,Namibia- (January 2017) : Willy (Wilhem) Kaeka, he is wearing a simple costume trouper, on january 2017 in Okakarara, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Otjinene,Namibia- (January 2017) : Herero womens on january 2017 in Otjinene, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
Otjinene,Namibia- (January 2017) : Herero womens on january 2017 in Otjinene, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Okahandja,Namibia- (August 2017) : Raphael Mbongarero Ngueza from Omaruru pose in a field, his uniform is very surprising as it's a copy of a german SS uniform. Raphael want to show the link between Herero genocide and the Holocaust. For the Herero, the ancestor commemoration ceremony are the most commun annual ceremony. The major one take place in Okahandja where most of the famous Herero chief have been buried. Herero believe in the sacred fire, it's thay to be connected with their ancestor. For this ceremony everyone get dress with the most amazing uniform, on august 2017 in Okahandja, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
Okahandja,Namibia- (August 2017) : Raphael Mbongarero Ngueza from Omaruru pose in a field, his uniform is very surprising as it's a copy of a german SS uniform. Raphael want to show the link between Herero genocide and the Holocaust. For the Herero, the ancestor commemoration ceremony are the most commun annual ceremony. The major one take place in Okahandja where most of the famous Herero chief have been buried. Herero believe in the sacred fire, it's thay to be connected with their ancestor. For this ceremony everyone get dress with the most amazing uniform, on august 2017 in Okahandja, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Okakarara,Namibia- (January 2017) :Le chef Bamen Repewa Kaangundue accompagné de Kambausuka Tjitavi, Alphonse Kanjeo, Bernard Buppinjaza and the a group of women of Okakarara community on january 2017 in Okakarara, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
Okakarara,Namibia- (January 2017) :Le chef Bamen Repewa Kaangundue accompagné de Kambausuka Tjitavi, Alphonse Kanjeo, Bernard Buppinjaza and the a group of women of Okakarara community on january 2017 in Okakarara, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Opuwo,Namibia- (August 2017) : Kaipatua Kenahama pose in Opuwo on August 2017 in Opuwo, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
Opuwo,Namibia- (August 2017) : Kaipatua Kenahama pose in Opuwo on August 2017 in Opuwo, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Otjinaho,Namibia- (January 2017) : Daniel Hangero and his grand daughter Isabella Ktjiremba,Daniel has been driving this Ford for 26 years, on january 2017 in Otjinaho, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
Otjinaho,Namibia- (January 2017) : Daniel Hangero and his grand daughter Isabella Ktjiremba,Daniel has been driving this Ford for 26 years, on january 2017 in Otjinaho, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Okahandja,Namibia- (August 2017) : Dave Veziruapi from Otjonguvi pose in a field. For the Herero, the ancestor commemoration ceremony are the most commun annual ceremony. The major one take place in Okahandja where most of the famous Herero chief have been buried. Herero believe in the sacred fire, it's thay to be connected with their ancestor. For this ceremony everyone get dress with the most amazing uniform, on august 2017 in Okahandja, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
Okahandja,Namibia- (August 2017) : Dave Veziruapi from Otjonguvi pose in a field. For the Herero, the ancestor commemoration ceremony are the most commun annual ceremony. The major one take place in Okahandja where most of the famous Herero chief have been buried. Herero believe in the sacred fire, it's thay to be connected with their ancestor. For this ceremony everyone get dress with the most amazing uniform, on august 2017 in Okahandja, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Talismanis,Namibia- (January 2017) : Herero communittee in Talismanis on january 2017 in Talismanis, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
Talismanis,Namibia- (January 2017) : Herero communittee in Talismanis on january 2017 in Talismanis, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Okahandja,Namibia- (August 2017) : A group of Herero singing on their way to the annuel celebration of the famous chief Samuel Maherero. For the Herero, the ancestor commemoration ceremony are the most commun annual ceremony. The major one take place in Okahandja where most of the famous Herero chief have been buried. Herero believe in the sacred fire, it's thay to be connected with their ancestor. For this ceremony everyone get dress with the most amazing uniform, on august 2017 in Okahandja, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
Okahandja,Namibia- (August 2017) : A group of Herero singing on their way to the annuel celebration of the famous chief Samuel Maherero. For the Herero, the ancestor commemoration ceremony are the most commun annual ceremony. The major one take place in Okahandja where most of the famous Herero chief have been buried. Herero believe in the sacred fire, it's thay to be connected with their ancestor. For this ceremony everyone get dress with the most amazing uniform, on august 2017 in Okahandja, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Namibia. 2023. Omatjete. Benestus Nependa at a wedding ceremony .
Namibia. 2023. Omatjete. Benestus Nependa at a wedding ceremony .
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
Talismanis,Namibia- (January 2017) : Herero communittee in Talismanis on january 2017 in Talismanis, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Talismanis,Namibia- (January 2017) : Herero communittee in Talismanis on january 2017 in Talismanis, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Talismanis,Namibia- (January 2017) : Herero communittee in Talismanis on january 2017 in Talismanis, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Otavi,Namibia- (August 2017) : Chat time at the Otavi grocery, on August 2017 in Otavi, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Okahandja,Namibia- (August 2017) : Uatanaura Handura from Ohondjatu pose in Okahandja. For the Herero, the ancestor commemoration ceremony are the most commun annual ceremony. The major one take place in Okahandja where most of the famous Herero chief have been buried. Herero believe in the sacred fire, it's thay to be connected with their ancestor. For this ceremony everyone get dress with the most amazing uniform, on august 2017 in Okahandja, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
Okahandja,Namibia- (August 2017) : Uatanaura Handura from Ohondjatu pose in Okahandja. For the Herero, the ancestor commemoration ceremony are the most commun annual ceremony. The major one take place in Okahandja where most of the famous Herero chief have been buried. Herero believe in the sacred fire, it's thay to be connected with their ancestor. For this ceremony everyone get dress with the most amazing uniform, on august 2017 in Okahandja, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Namibia.2023. Okondjatu. Karongwa Tjizuu.
Namibia.2023. Okondjatu. Karongwa Tjizuu.
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
Okahandja,Namibia- (August 2017) : Alex Katjita from Omatjete pose in a field. For the Herero, the ancestor commemoration ceremony are the most commun annual ceremony. The major one take place in Okahandja where most of the famous Herero chief have been buried. Herero believe in the sacred fire, it's thay to be connected with their ancestor. For this ceremony everyone get dress with the most amazing uniform, on august 2017 in Okahandja, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
Okahandja,Namibia- (August 2017) : Alex Katjita from Omatjete pose in a field. For the Herero, the ancestor commemoration ceremony are the most commun annual ceremony. The major one take place in Okahandja where most of the famous Herero chief have been buried. Herero believe in the sacred fire, it's thay to be connected with their ancestor. For this ceremony everyone get dress with the most amazing uniform, on august 2017 in Okahandja, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Namibia.2023. Karibib. Katambo Katjire.
Namibia.2023. Karibib. Katambo Katjire.
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
Okahandja,Namibia- (August 2017) : Samuel Nguvenjengua pose in Okahandja. For the Herero, the ancestor commemoration ceremony are the most commun annual ceremony. The major one take place in Okahandja where most of the famous Herero chief have been buried. Herero believe in the sacred fire, it's thay to be connected with their ancestor. For this ceremony everyone get dress with the most amazing uniform, on august 2017 in Okahandja, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
Okahandja,Namibia- (August 2017) : Samuel Nguvenjengua pose in Okahandja. For the Herero, the ancestor commemoration ceremony are the most commun annual ceremony. The major one take place in Okahandja where most of the famous Herero chief have been buried. Herero believe in the sacred fire, it's thay to be connected with their ancestor. For this ceremony everyone get dress with the most amazing uniform, on august 2017 in Okahandja, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Talismanis,Namibia- (January 2017) : Herero communittee in Talismanis on january 2017 in Talismanis, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
Talismanis,Namibia- (January 2017) : Herero communittee in Talismanis on january 2017 in Talismanis, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Namibia.2023. Okawakuru. Ingenesia Kutaa Veseevete (left) and "Uncle B" Immanuel Banda Veseevete.
Namibia.2023. Okawakuru. Ingenesia Kutaa Veseevete (left) and "Uncle B" Immanuel Banda Veseevete.
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
Omupanda, Namibia- (January 2017) : Yosafat Kakuinjei on january 2017 in Omupanda, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
Omupanda, Namibia- (January 2017) : Yosafat Kakuinjei on january 2017 in Omupanda, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Namibia.2023. Otjongombe.
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
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Okahandja,Namibia- (August 2017) : Ombara Kejaa from Tjipene pose in a field. For the Herero, the ancestor commemoration ceremony are the most commun annual ceremony. The major one take place in Okahandja where most of the famous Herero chief have been buried. Herero believe in the sacred fire, it's thay to be connected with their ancestor. For this ceremony everyone get dress with the most amazing uniform, on august 2017 in Okahandja, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
Okahandja,Namibia- (August 2017) : Ombara Kejaa from Tjipene pose in a field. For the Herero, the ancestor commemoration ceremony are the most commun annual ceremony. The major one take place in Okahandja where most of the famous Herero chief have been buried. Herero believe in the sacred fire, it's thay to be connected with their ancestor. For this ceremony everyone get dress with the most amazing uniform, on august 2017 in Okahandja, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Namibia. 2023. Omatjete. Eva Mberira on her way to a wedding.
Namibia. 2023. Omatjete. Eva Mberira on her way to a wedding.
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
Okakarara,Namibia- (January 2017) : A soldier on january 2017 in Okakarara, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
Okakarara,Namibia- (January 2017) : A soldier on january 2017 in Okakarara, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Ondjete,Namibia- (August 2017) : Tjetuu Mbinge (left) and Verivetiza Mbahuu in their village and family compound on August 2017 in Ondjete, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
Ondjete,Namibia- (August 2017) : Tjetuu Mbinge (left) and Verivetiza Mbahuu in their village and family compound on August 2017 in Ondjete, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Namibia.2023. Otjimbingwe.Engelhaid Kihiko.
Namibia.2023. Otjimbingwe.Engelhaid Kihiko.
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Otavi,Namibia- (August 2017) : Iseml Mbunguha pose on her daily dress on August 2017 in Otavi, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
Otavi,Namibia- (August 2017) : Iseml Mbunguha pose on her daily dress on August 2017 in Otavi, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
Namibia. 2023. Omatjete. Bansen at a funeral ceremony.
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
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Otavi,Namibia- (August 2017) : Kapeperua Mbunguha and Iseml Mbunguha pose in their uniform in front of their house, on August 2017 in Otavi, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
Otavi,Namibia- (August 2017) : Kapeperua Mbunguha and Iseml Mbunguha pose in their uniform in front of their house, on August 2017 in Otavi, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Namibia. 2023. Omatjete. Désirée Karondandona (right with Anna Katuru (center) and Priscilla Katuru at a wedding ceremony .
Namibia. 2023. Omatjete. Désirée Karondandona (right with Anna Katuru (center) and Priscilla Katuru at a wedding ceremony .
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
On the road 3807,Namibia- (January 2017) : Cornelius Kamutati and his wife, "my family survived because they left to Botswana in the 19th century, I came back to Namibia", on january 2017 on the road 3807, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
On the road 3807,Namibia- (January 2017) : Cornelius Kamutati and his wife, "my family survived because they left to Botswana in the 19th century, I came back to Namibia", on january 2017 on the road 3807, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Namibia.2023. Otjiteke. Ropertina Katjove and Islaer Katjove at a funeral ceremony.
Namibia.2023. Otjiteke. Ropertina Katjove and Islaer Katjove at a funeral ceremony.
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
Namibia.2023. Okondjatu. "Uncle B" Immanuel Banda Veseevete standing at The Okahaljipara Lodge Country Club of Okondjatu..
Namibia.2023. Okondjatu. "Uncle B" Immanuel Banda Veseevete standing at The Okahaljipara Lodge Country Club of Okondjatu..
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
Namibia.2023. Otjongombe. Love Me Hehungira Katjijapa and is horse.
Namibia.2023. Otjongombe. Love Me Hehungira Katjijapa and is horse.
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
Namibia. 2023. Omatjete. Ingrid and Maekel Vakumbua in front of there sweet home.
Namibia. 2023. Omatjete. Ingrid and Maekel Vakumbua in front of there sweet home.
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
Namibia.2023. Otjongombe. Gottlieb Meraakuani Kazombiaze and
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
Namibia.2023. Otjongombe. Veziruapi Munjanu and Mureti Gabriel in front of a shop.
Namibia.2023. Otjongombe. Veziruapi Munjanu and Mureti Gabriel in front of a shop.
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
Namibia.2023. Otjimbingwe.Absalom et Alma Hevita.
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
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HERERO 2017–2023 Dans la série « Herero », réalisée en Namibie, j’interroge la renaissance identitaire des Hereros à travers le port ostentatoire et collectif des uniformes de leurs oppresseurs génocidaires allemands, au détriment des histoires individuelles. Pendant la colonisation, les Allemands exterminèrent 80 % de la population herero. Aujourd’hui, tels des chasseurs portant la peau de leurs trophées, les Hereros ont adopté les costumes des soldats allemands, leurs bourreaux. Les femmes, quant à elles, se drapent dans des robes victoriennes que leurs ancêtres furent contraintes de porter. La série de portraits saisit une génération qui n’a pas vécu le génocide, mais qui en porte encore le poids identitaire. Une identité qui s’inscrit dans une mémoire collective de l’apparence, une manière d’afficher une résistance déterminée et de lier à jamais leur identité à ce génocide. Leur apparence devient ainsi le symbole d’une renaissance identitaire. Elle fige le temps pour empêcher celui-ci d’effacer les crimes. Ce choix révèle également la disparition consciente de l’individu, de son identité et de sa propre histoire, qui se dissolvent dans la pluralité d’un collectif mémoriel plus profond. Une disparition qui devient elle-même symbole de survie, de défi et de force. Comme vous le savez, cette série aborde une question complexe pour l’Allemagne : celle d’un génocide reconnu en juin 2021. Il est essentiel de comprendre que mon intention n’a jamais été de porter un quelconque jugement sur l’Allemagne, ni de faire le procès de la colonisation. Nous connaissons tous les ravages qu’elle a causés et les problèmes qui en découlent encore aujourd’hui. Je pense que nous, les Français, n’avons de leçons à donner à personne. Les Européens, dans leur ensemble, ont commis des actes indicibles et inexcusables. Cela apparaît notamment dans le Blue Book, rédigé par les services de renseignement britanniques dans les années 1910 afin d’incriminer le gouvernement allemand de l’époque, juste avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. En réponse, les Allemands envoyèrent des espions dans les colonies britanniques et compilèrent le White Book, un recueil des atrocités anglaises, qu’ils présentèrent au gouvernement britannique. Finalement, les deux pays décidèrent de supprimer ces documents, qui ne furent jamais officiellement publiés. Dans les années 1990, un chercheur néerlandais exhumerait le Blue Book et engagerait les premières véritables recherches sur les peuples herero et nama. Mon approche de ce sujet repose sur la question de l’identité, et plus particulièrement sur sa résurgence après une tragédie d’une ampleur sans précédent pour l’humanité à cette époque. Elle interroge la manière dont un peuple condamné à disparaître a décidé de survivre en effaçant, dans une certaine mesure, les identités individuelles pour affirmer son identité collective à travers le port ostentatoire des vêtements — la « peau sociale » — de ses génocidaires. Cet acte proclame leur force collective. Il affirme qu’ils sont toujours là, qu’ils ont survécu malgré tout, et qu’ils ont engagé une lutte politique pour obtenir la reconnaissance du génocide qu’ils ont subi. Cette pratique fut adoptée très rapidement, alors même que les combats faisaient encore rage, et perdure aujourd’hui. Cette histoire est, par son caractère unique, véritablement singulière. J’ai choisi d’utiliser la même approche photographique frontale afin de les montrer avec dignité, tels qu’ils se présentaient à moi ou tels que je les rencontrais. Il s’agit davantage d’un hommage que d’une condamnation politique. Un hommage qui doit inviter à la réflexion.
Namibia.2023. Otjimbingwe.Absalom Vatjinad.
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Otavi,Namibia- (August 2017) : Ujaka Tjipundi pose on her daily dress on August 2017 in Otavi, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
Otavi,Namibia- (August 2017) : Ujaka Tjipundi pose on her daily dress on August 2017 in Otavi, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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Otjinaho,Namibia- (January 2017) : Aram and Tuemuzunda (in the suit) on january 2017 in Otjinaho, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
Otjinaho,Namibia- (January 2017) : Aram and Tuemuzunda (in the suit) on january 2017 in Otjinaho, Namibia. (Photo by Stephan Gladieu)
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